Je cite et j'adore:
Alors que le débat sur l'identité nationale
agite l'opinion depuis le mois dernier seulement, je peux me vanter
d'avoir été confronté à cette question à plusieurs reprises par le
passé. Je me rappelle notamment d'une fois, il y a trois ans environ, à
la gare du Nord.
Interpellation policière de routine. L'agent plutôt posé et prévenant
m'apostrophe. "Bonsoir, Monsieur, veuillez nous présenter une pièce
d'identité." Souvent distrait, je reconnais que je n’ai pas pensé à la
prendre avec moi. Il me comprend et juste pour vérification me demande
de quelle origine je suis. Je réponds volontairement à côté. "Je suis
de nationalité française". Il me fixe puis rétorque sans sourciller :
"Ça ne se voit pas".
Sa remarque m'interpelle, me déstabilise, me renverse. À la fois ébahi et navré, j’aurais pu ce jour-là, au milieu de la cohue multicolore de la gare du Nord, lancer le débat sur l'identité nationale. Mais Eric Besson n'était pas là. Pas encore. Il n'était même pas à l'UMP. D'ailleurs il n'était même pas de droite. C'était une époque où il se targuait encore d'être le fidèle artisan de la campagne présidentielle de Ségolène Royal. C'est d'ailleurs durant cette campagne que l'ex-futur président Sarkozy avait choisi de mettre l'identité nationale au centre de ses préoccupations de candidat. Mais personne n'est dupe. Entre populisme et démagogie, on devinait déjà dans le discours du leader UMP, le racolage en direction de l'électorat front national.
Devenu avec l'insécurité, le thème préféré d’une droite désormais décomplexée, l'identité nationale est donc de retour sous la forme d'un grand débat. C'est le gouvernement qui interroge : "Pour vous qu'est ce qu'être français ?". La question m’interpelle, me déstabilise, me renverse. Elle nous pousse à pointer du doigt ce qui est français et ce qui ne l'est pas. Ce grand débat cherche insidieusement à définir des normes qui qualifient ou éliminent les individus. Le ministre parle d'un débat d'ouverture. Force est de constater que les réponses attendues vont au contraire exclure un certain nombre de personnes. Parce que je sais déjà que ma perception du citoyen français n'est manifestement pas celle de mon brave policier de la gare du Nord. Alors pourquoi ce grand débat ? La République nous interroge parce qu'elle s'interroge elle-même. Elle a du mal à maquiller son visage nouveau, cherche à réactualiser ses vieilles valeurs, à se raccrocher à une certaine idée de la France. Mais pendant que la République doute, le monde bouge, la France change. Etre français c'est aussi changer. Etre français c'est aussi ne pas en douter.WHAOU



Un soir, dans le métro, je philosophais sur ce qui me tracassais depuis quelque jours et j'ai eu cette pensée en regardant les métros.








